jeudi 29 mars 2012

A la terre que je ne foulerai pas

On pense faire des choix qui nous paraissent sages, réfléchis. On pense avoir fait les bons... Mais les illusions finissent par s'effriter, on se retrouve stupidement mise sur le côté d'un projet qui nous tient pourtant à coeur. Bref, je goute depuis une semaine, et particulièrement depuis hier, le goût amer des éternels regrets.
A la terre que je ne foulerai pas, Madagascar, la si lointaine, à mes rêves déchus et trop souvent cachés.

J'ai du mal à comprendre ce qui m'a poussé à dire "non, je ne vais pas partir à Madagascar, non" alors que je connaissais le projet humanitaire mené là-bas sur le bout des doigts. Je me suis donné des raisons fantômes, qui suffisaient à me convaincre, à faire taire la petite voix qui criait inlassablement au fond de moi combien je crevais d'envie d'y aller. En réalité, sans doute était-ce la peur, la bornée indépendance dont je sais faire preuve pour tout ce qui pourrait faire penser que je suis le même parcours que ma soeur.

Stupide.

Alors voilà, depuis ce matin, je réfléchis, je me dis "ah, ils arrivent à Paris.", "ah, ils décollent", "ils doivent être au dessus de la Méditerranée" et à l'heure qu'il est, ils doivent survoler l'Océan Indien.

L'Océan Indien!

Le pire de tout, je crois, c'est que je sais ce que je rate, réellement. J'ai vu ma soeur revenir de là, sale, boutonneuse, puant les épices et la transpirations, la crasse, et pleurant aussi, pleurant son brutal retour à la réalité, arrachée à son expérience parfaite que depuis elle ne cesse d'essayer de revivre. Je sais les difficultés, je sais les cadeaux qu'offrira ce voyage...

Au lieu d'être à l'autre bout du monde demain, je me contenterai de l'Italie.
D'ailleurs, ma valise n'est toujours pas faite.

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